Blog santé harmonieuse
Murielle Morel

Entretien avec Guy Monjo – troisième partie

Comment faire pour vivre en harmonie avec les cycles saisonniers ? Que préconise la médecine chinoise pour prévenir ces états de fragilité ou de dépression ?

La prévention est ce qu’il y a de plus simple : elle relève de l’adaptation de notre rythme de vie, de notre diététique et de notre hygiène physique. Elle est aussi ce qu’il y a de plus difficile à réaliser parce que tout le fonctionnement de notre société notamment au niveau de la vie économique, ignore le cycle des saisons. Il y a un déséquilibre travail/énergie, et la vie sociale et personnelle n’est pas synchronisée avec les rythmes de la nature.

Par exemple, l’hiver, les journées sont plus courtes et la tendance naturelle est à l’hivernage (dormir plus, travailler moins). Au niveau alimentaire, on devrait consommer normalement les légumes et les fruits qui ont pu être conservés. En été, les jours étant plus longs, on dormira moins. Et c’est le moment de manger les légumes et les fruits de saison. Qu’en est-il en réalité ?
Socialement, il n’est pas question que l’activité économique diminue en hiver. En matière alimentaire, les moyens de transport nous permettent de manger des fruits et légumes de toutes sortes, en n’importe quelle saison, en provenance de n’importe quelle région de la planète. Nous assistons à une uniformisation de notre alimentation sur l’année quelque soit le pays où l’on demeure. Elle ne tient pas compte des cycles saisonniers. Si vous mangez une fraise en hiver, il n’y a pas de transmission d’énergie. Tandis que si vous mangez des haricots verts en été, vous êtes synchronisé avec l’énergie qu’ils peuvent vous apporter.

L’alimentation, c’est ce qui nous transmet notre énergie quotidien. Il faut prêter attention aux conditions dans lesquelles nous prenons nos repas. Si vous mangez en regardant les informations télévisées devant des images de guerres ou de catastrophes, derrière cela vous vous ferez du mauvais sang. On voit même des gens qui zapperons d’une chaîne à l’autre pour voir le même événement raconté de différentes façons, tout cela en mangeant. Quelle énergie absorbent-ils ? Et que vivent-ils réellement par eux-mêmes ?
Rien puisqu’ils vivent à travers les autres.

Même si l’on ne peut envisager de révolutionner une société à soi tout seul, je pense qu’un progrès énorme peut être fait si l’on parvient à maîtriser un peu mieux son rythme de vie et son mode alimentaire.

La médecine chinoise ne se résume pas aux outils thérapeutiques que j’ai énumérés. Elle englobe aussi le Qi-gong et le Taï-chi-chuan. Certains occidentaux, en quête de spiritualités orientales, pensent y trouver une voie spirituelle. Soyons clairs, à la base de ces techniques, il n’y a rien de religieux ou de spirituel. Il s’agit simplement de prendre conscience et de faciliter les flux de l’énergie Yin et Yang à travers toutes les parties du corps et dans le corps tout entier.

Dès l’âge de trois ans, le chinois apprend à pratiquer le Qi-gong. Ceci explique pourquoi généralement l’asiatique originaire de ces régions a une tonicité musculaire plus importante que la nôtre, simplement parce qu’il pratique tous les matins le Qi-gong. Se taper dans les mains, se frictionner les cheveux, se frotter la nuque, cela fait partie d’une hygiène de vie.

Tous les déséquilibres de nos sociétés rendent encore plus nécessaire de pratiquer une gymnastique quotidienne. Ces salles de musculation qui fleurissent aujourd’hui où l’on soigne plutôt son apparence et l’image de soi n’ont rien à voir avec le mieux être et la quiétude que nous devons rechercher. Les gymnastiques chinoises tendent à développer en chacun une attitude d’acceptation de la réalité de la vie et prédisposent à se situer avec plus de justesse et de sérénité face à soi-même et face aux autres.

Notre état d’être conditionne la qualité de nos relations avec les autres. La plus belle fille du monde si elle est en mal être ou dépressive, dans une foule personne n’y prêtera attention. Par contre, une fille à la beauté tout à fait ordinaire, si elle rayonne d’énergie, les hommes seront attirés par elle. Dans la relation qui s’établit avec autrui, il y a ce que nous sommes et il y a l’image que l’autre nous renvoie de nous-mêmes. Si nous sommes attirés par eux c’est qu’inconsciemment ils incarnent un rêve que nous souhaitons atteindre : il y a quelque chose qui manque en nous et que nous cherchons chez les autres. Si nous nous sentons poussés à les rejeter ou s’ils suscitent notre colère c’est qu’ils nous renvoient à une part de nous mêmes que nous ne voulons pas voir.

Dans la relation thérapeutique, tout cela revêt une grande importance. Il est important que le thérapeute prenne conscience de l’image qu’il a de son patient et de celle qu’il peut susciter chez lui. Parfois, pour être efficace il peut être nécessaire de le diriger vers un autre soignant.

Propos recueillis par Philippe Taverny