Blog santé harmonieuse
Murielle Morel

Entretien avec Guy Monjo – première partie

 

  • praticien en médecine traditionnelle chinoise, formé en Chine
  • fondateur d’un centre de formation à paris agréée en Chine (The International School Beijing University of Chinese Medecine and Phamacology)

Cinq questions ont été posé à Guy Monjo. Chacune d’elles fera l’objet d’un article.

Quand on parle de médecine chinoise, l’opinion commune se tourne spontanément vers l’acupuncture, dont la réputation n’est plus à faire en Occident. Quelles sont les autres « spécialités » médicinales qui lui sont associées?

Guy Monjo: En fait, la médecine traditionnelle chinoise recouvre tout un panel de pratiques thérapeutiques très variées dont chacune a sa spécificité. La première est le massage (massothérapie), puis la moxibustion, l’acupuncture, la réflexothérapie, l’auriculothérapie et la pharmacopée. Toutes ont en commun d’intervenir sur la circulation de l’énergie dans le corps humain en vue d’en rétablir l’harmonie. Vos lecteurs ont certainement déjà entendu parler du yin (forme passive de l’énergie), équivalente au mouvement respiratoire de l’expiration et du Yang (forme active de l’énergie, équivalente à l’inspiration). Tous les maux qui atteignent un individu, qu’il s’agisse de douleurs locales ou d’une pathologie générale, correspondent à une disharmonie au niveau des flux d’énergie. A ces médecines proprement chinoises, il convient d’adjoindre l’ostéopathie et, je pense aussi, l’homéopathie.

Pour rétablir cette harmonie, on utilise l’une ou l’autre de ces techniques médicales. La plus connue du public c’est l’acupuncture. Il s’agit de positionner des aiguilles sur des nœuds d’énergie, situés sur les axes de circulation de cette énergie (appelés méridiens). Cette méthode agit sur les maux les plus profonds car les méridiens traversent tous les tissus vivants (muscles, organes, structures osseuses…). Mais lorsqu’il s’agit de maux plus superficiels (lumbagos, contractures …), il est préférable d’utiliser le massage. Un proverbe chinois dit que « le grand maître se sert de ses mains, le petit ouvrier pose des aiguilles ».

Les autres techniques ont une parenté indéniable avec l’acupuncture. La moxibustion intervient sur les mêmes méridiens, à ceci près qu’au lieu d’aiguille, on utilise une tige de moxa (une variété d’armoise) préalablement chauffée par combustion et appliquée sur les nœuds concernés dans l’action thérapeutique.

Quant à l’auriculothérapie, il s’agit de positionner des aiguilles au niveau de l’oreille comme pour l’acupuncture. Chaque oreille comporte des axes d’énergie ainsi que des points spécifiques correspondants à des organes du corps humain. Pour la réflexothérapie, il a été constaté au niveau des pieds qu’ils sont eux aussi traversés par des axes d’énergie et des points caractéristiques, sur lesquels on peut intervenir de manière spécifique. Enfin, il y a la pharmacopée chinoise qui joue un rôle aussi bien thérapeutique que préventif (on connaît ainsi le thé vert ou « tuo cha » qui est un excellent anti-cancer).

De toute façon, le premier stade de la médecine chinoise (comme de toute médecine d’ailleurs), c’est l’observation. L’approche doit être méthodique et rigoureuse. Tout est hyperrationnel, qu’il s’agisse d’écouter ce que la personne dit de son mal ou des signes que l’on va observer par soi même (l’auscultation, l’état de la langue, la respiration, etc.). Le choix d’une méthode thérapeutique et du protocole que l’on va utiliser, tout est codifié à partir de ces observations.

En médecine chinoise, l’homme est d’abord considéré dans sa globalité. S’il y a un problème particulier (douleur ou maladie), il faut en trouver la cause en profondeur. On va effectivement traiter la douleur, mais on va chercher l’issue, ce pourquoi cette douleur s’est déclenchée. L’approche se fait étape par étape, mais toujours en tenant compte de la globalité. Un proverbe dit « l’homme est une perfection autour de laquelle tout gravite ». Ceci veut dire que, en nous, nous avons tout pour exister de bonne manière. Mais l’homme est imparfait, dans la mesure où nous trouvons le moyen de tomber malade. Si quelque chose ne va pas, il faut donc trouver ce qui bloque.

Propos recueillis par Philippe Taverny (aires)