Blog santé harmonieuse
Murielle Morel

Entretien avec Guy Monjo – deuxième partie

Lorsque je me sens bien dans mon corps, l’ensemble de ma conscience ressent le bien-être; lorsqu’une pathologie survient, ce n’est pas seulement l’organe qui est atteint, mais la totalité de mon être. Quand vous parlez de globalité, est-ce seulement de chaque individu dont vous parlez?

Il est essentiel que les étudiants en thérapie apprennent à lire sur le corps de leurs futurs patients. Ceci nécessitent déjà une connaissance de l’anatomie, mais aussi, cela inclut une connaissance de la psychologie. Par exemple, une contracture n’est pas une simple douleur locale; elle est une mémoire, la mémoire d’un événement qui doit pouvoir venir au jour: si j’ai un stress, cela a provoqué un afflux de sang, le surplus de sang a exercé une pression, une tension, d’où une contracture. Lors du massage, le réveil de la douleur suscite le souvenir. Au niveau de l’esprit de la personne, quelque chose lui dit : tiens, on s’occupe de ce qui s’est passé il y a 3 ans, 5ans, 10 ans,… Il est alors possible d’échanger sur cette contracture et sur l’événement qui l’a provoquée. En médecine chinoise, l’homme est perçu comme un tout, à la fois corporel et psychologique. L’action thérapeutique n’est pas seulement extérieure, elle est aussi intérieure.

Le caractère de globalité ne se résume pas seulement à l’homme perçu comme individu; il est évident que l’homme est intégré dans un ensemble qui l’environne et auquel il est profondément lié. Physiquement, ne l’oublions pas, l’homme est composé des mêmes éléments que la terre. Et forcément la vie de la Terre influe sur la vie de l’homme.

On peut déjà parler du cycle des saisons: le froid, le chaud, la sécheresse, l’humidité, le vent, la pluie, les journées longues de l’été, les journées courtes en hiver…tout cela a une influence directe sur nous, sur notre métabolisme et la circulation de l’énergie en nous. Nous y sommes plus ou moins sensibles.

Il faut savoir que le printemps et l’automne sont des saisons propices à la dépression. Elles correspondent à des phénomènes naturels déstabilisants: la montée et le retour de la sève. Les chinois ont particulièrement observé ce qu’ils appellent les inter saisons, périodes charnières qui durent 18 jours. Elles correspondent à des périodes de mutation, où l’on passe de l’énergie d’une saison à une autre.

Contrairement à ce qu’on imagine, l’inter-saison de printemps est plus dépressive que celle d’automne. Car la montée de la sève est beaucoup plus violente et agressive que le retour de sève qui se fait lentement, à la vitesse du jaunissement et de la chute des feuilles. Si l’on a mal vécu l’énergie de l’hiver, le passage au printemps peut voir l’apparition de fatigues, de maladies, voire d’accidents… en raison d’un état de fragilisation. D’une façon générale, toute période de transformation peut susciter une sensation de blues.

Propos recueillis par Philippe Taverny (aires)